Agnès Bracquemond

De là que les personnages d’Agnès Braquemond, souvent emmaillotés encore comme des fèves, quand ils osent s’aventurer hors de leur cadre, quitter la sculpture qui les retient, au risque de dévaler, de tomber hors du cadre, descendent ou gravissent les échelles d’une interminable initiation. Foulant les pavés des villes inconnues où personne ne les accueille, ou dévalant les marche fers et les scories d’un abrupt volcanique, ils cherchent un passage


Les formes du Golem

Les mêmes formes, déclinées, à l’infini. Peut-être faut-il employer le singulier : la même forme, le même mouvement. Tenir la déclinaison en deux sens, celui de la grammaire et celui de la géométrie. Ces changements, perceptibles, imperceptibles se chargent de douleur et de mouvement : Agnès Bracquemond vit dans la prison des formes, ou de la forme, elle en reprend les contours, les brisures, les gestes. Des siècles de peinture, de dessin, de sculpture viennent et reviennent la hanter : son sujet n’est rien moins que l’humain, la forme humaine. Cette étrange chose que la Bible fait naître de la glaise : ce sont les premiers gestes de la Genèse qui reviennent, chaque jour, chaque nuit peut-être, dans l’attente du sculpteur. Les gestes d'un rabbi de Prague, artiste étrange qui s’aventura un peu trop loin et donna la vie à une statue...

 

 

Quatre passants
terre cuite noire, 1984