Agnès Bracquemond

Françoise Magny : Comment êtes-vous devenue sculpteur?

Agnès Bracquemond: J'ai grandi près de mon grand-père qui était sculpteur. J'ai baigné dans l'atmosphère de son atelier toute ma jeunesse, je me sers encore de ses outils. Puis je suis allée vers la taille de la pierre, la restauration, l'art roman et plus particulièrement l'art des églises de Bourgogne... Puis je suis entrée à l'école des Beaux-arts...

FM : Y a t il des artistes contemporains qui vous ont particulièrement marquée?

AB : Oui, bien sûr. Je suis marquée par l'oeuvre de Giacometti. J'aime beaucoup Germaine Richier... Segal, John Davies. Ils ont pu reconstruire une image figurative, après l'invention de la photographie, après Cézanne. C'est cet aspect intemporel que j'aime et qui apporte une vision complètement différente. Notre époque est celle d'une reconstruction de la figuration après les bouleversements de la première guerre mondiale, de la deuxième, des camps, de l'holocauste... après cela, on ne pouvait plus considérer la figure humaine de la même façon.

FM : Quelle est votre vision de la figuration?

AB : Je me sers de la figure. C'est une transmission directe de mon corps. Je le vois comme une possibilité d'arrêter le temps, d'aller au-delà de ce qui est temporel. Dans la forme humain€ la plastique trouve quelque chose de permanent. Elle permet de se dégager de soi-même.
Je ne considère pas ma sculpture en mouvement. Je la considère comme un état en suspension. (...)

 

 

Deux figures l'une sur l'autre IV
40,5x13x29 cm, bronze, 1993
achat du F.R.A.C Ile-de-France